• Elinna T. Higg

Pour quelles raisons dois-tu te tourner (ou non) vers l'autoédition ?




En plongeant dans le monde merveilleux d'Instagram il y a un an, j'ai découvert de manière plus approfondie l'autoédition. Même si je savais déjà tout sur ce mode d'édition, j'avoue que je n'imaginais pas qu’autant d'auteurs s'y essayaient. Du coup, après avoir vu des posts et des posts sur le sujet et avoir mêlé le tout à ma propre expérience en édition "classique", j'ai décidé de faire un article pour expliquer les bons comme les mauvais côtés de ces deux moyens de publier des ouvrages. L'idée n'est pas de décourager ou de privilégier l'édition à compte d'éditeur (j'ai moi-même l'intention utiliser l’autoédition pour certains ouvrages - et je l'ai déjà fait dans le passé, mais force est de constater que j'avais fait ça de manière trop "légère"). Je veux simplement donner toutes les clés aux personnes qui aimeraient essayer ce mode d'édition.



Sommaire de l'article :

Choisir l'autoédition pour tout contrôler

Choisir l'autoédition pour ne pas avoir à faire de compromis

Choisir l'autoédition pour apprendre de nouvelles choses et être créatif

Choisir l'autoédition pour tout contrôler

Je crois que l'argument qui revient souvent de la part des auteurs qui s’autoéditent est qu’ils refusent de laisser leur roman entre les mains d'autres personnes, et aussi qu'elles adorent tout diriger. Chose que je peux comprendre, étant moi-même légèrement obsessionnelle du contrôle. Mais je voudrais tout de même relever quelques points importants ici.


Déjà, il y a forcément des choses qu'il faudra déléguer, comme la correction ou la couverture. Personne ne sait absolument tout faire. Même moi qui suis correctrice, je sais pertinemment que je ne verrai pas les défauts de mon livre comme une personne extérieure. Du coup, cet argument ne tient plus vraiment, car on ne peut jamais tout diriger à 100%.


Autre chose que j'ai constaté : la plupart des gens qui expliquent ceci n'ont jamais été édités autrement. Donc je me demande sur quoi elles se basent pour affirmer que seule l'autoédition leur permet de contrôler et de prendre des décisions pour leur livre ? J'ai été publiée dans deux maisons d'édition et j'ai participé à chaque étape, sans exception. J'ai dû valider les corrections, proposer mes idées de couverture, valider celles-ci quand on m'a présenté la couverture test, valider les retouches que j'avais demandées sur cette dernière. J'ai aussi donné mon accord pour la date de sortie, rédigé le résumé. On m'a envoyé la maquette finie avant les précommandes pour être sûr que ça m’allait. Bref, je n'ai pas du tout eu l'impression que je ne gérais rien. Juste que j'étais épaulée et écoutée (et conseillée) et que je laissais des pros faire leur travail (que je n'avais pas le temps de faire, ni les compétences). Pour le reste, la communication est fait par la maison d'édition, mais on a champ libre de notre côté, donc pas de différence à ce niveau avec l'autoédition.


Je sais aussi que les maisons d'édition où je suis sont très ouvertes et sont OK pour organiser des concours si on le souhaite. Bref, du coup, pour moi, cet argument n'est pas valable. Mis à part si on vise de grosses maisons d'édition (et là, je n'ai pas testé, donc je n'en sais rien), toutes les petites et moyennes structures que je connais travaillent main dans la main avec l'auteur. On reste maître de notre roman.


En clair, je ne comprends pas cet argument, et encore moins cette conviction à juger quelque chose que l'on n'a pas testé (dans la grande majorité des cas). Après, je ne dis pas qu'il n'arrive pas, parfois, d'avoir des mauvaises expériences, mais rien ne sert d'en faire des généralités.

Choisir l'autoédition pour ne pas avoir à faire de compromis


Évidemment, en maison d'édition, même si on est présent à chaque étape et que notre avis est pris en compte, il arrive parfois qu'un compromis doive être fait. Pour la police du titre par exemple. Ou pour la couleur du nom d'auteur. Il ne faut pas oublier que les maison d'édition ont chacune leur charte graphique et que, même si elles vont écouter nos désirs et les respecter au mieux, il faut aussi que cela s'accorde à leur catalogue.


Ce sont des détails, mais si on est pointilleux, ça peut vite devenir ingérable. Dans ce cas-là, l’autoédition est libre à 150 %, je ne peux pas le nier. Même si parfois, être libre ne veut pas dire faire les meilleurs choix. Les maison d'édition ont appris le marketing, la communication, elles savent ce qui fait vendre. Nous, pas forcément. Mais rien n'empêche de se renseigner et de tester. En revanche, il ne faut pas oublier que cette liberté demande aussi beaucoup de temps, car tout faire soi-même demande des semaines et des semaines de travail. Donc, c'est là encore un choix personnel. Je sais par exemple que, pour le moment, je préfère peut-être avoir une police d'écriture pour mon nom d'auteur qui ne me plait pas totalement, plutôt que de passer 30 heures à faire une couverture moi-même, ou engager un graphisme et prendre 10 heures à trouver ce que je veux exactement ou ce qui aurait le plus d'impact pour le lui expliquer 😂.

Choisir l'autoédition pour apprendre de nouvelles choses et être créatif


L'autoédition permet en revanche une chose à tous les coups : la créativité et l'apprentissage. Sérieusement, je crois que rien ne vaut de le faire soi-même pour apprendre le fonctionnement de la création d'un livre. Entreprendre permet de se pencher sur la communication, sur la maquette, sur le graphisme. On peut donner libre cours à notre imagination pour le design intérieur, les en-têtes de titre, si on veut des illustrations, des goodies. C'est une aventure unique, qui aide à créer un lien particulier avec son lectorat. Je trouve que c'est très enrichissant et pas du tout dévalorisant, contrairement à l'avis de certains. Ce sont les arguments que j'aimerais voir le plus souvent, au lieu de l'habituel "je fais ça pour tout contrôler"... (Un mystère pour moi 😶) En revanche, je veux préciser, car beaucoup ne se rendent pas compte, que l'autoédition est un travail monstre. Il ne s'agit pas juste d'écrire, de mettre en page et de publier sur une plate-forme. Déjà, il faut trouver un correcteur et un graphiste pour la couverture (car oui, ce sont des métiers ; ce n'est pas un choix à faire, c'est indispensable. Les livres que vous achetez dans le commerce passent tous par la, il n'y a aucune raison que le vôtre soit différent).

Ensuite, la maquette peut prendre du temps et il y a là aussi beaucoup de règles typographiques à connaître pour qu'il n'y ait pas de problèmes à l'impression. Et enfin, mettre sur plusieurs plates-formes demande une bonne gestion, mais surtout, le plus gros du travail est de communiquer. Et ça, même si l'on n’aime pas ça ou qu'on déteste les réseaux sociaux. Le livre ne va pas se vendre tout seul. Il est donc obligatoire de se former et de devenir chargé de communication, et pas seulement une heure par semaine. C'est beaucoup de temps et un investissement financier non négligeable d’autopublier un livre. Sans oublier que la communication se fait sur la durée. Sinon, votre livre se vendra le premier mois, puis il n'y aura plus aucune vente. Même deux ans plus tard, il vous faudra toujours communiquer dessus.



J’espère que cet article aidera les personnes qui hésitent. Comme dit plus haut, l'idée n'est pas de dévaloriser l'un des modes d'édition au profit de l'autre. J'ai déjà testé les deux (et je sais aujourd'hui que je m'y suis vraiment mal prise pour l'autoédition) et je compte même refaire de l'autoédition pour deux de mes projets. Je veux juste rétablir la vérité sur ces deux modes et donner toutes les cartes à ceux qui se posent des questions 😉.


Alors, tu préfères l'autoédition ou l'édition à compte d'éditeur ?