• Elinna T. Higg

Comment lancer ton entreprise paisiblement ?


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Quand j’ai commencé mon activité de freelance, je pensais avoir tout prévu. J'ai mis deux mois à lancer officiellement mon entreprise après avoir eu l’idée de devenir correctrice professionnelle, donc j'ai pu cogiter. Et, comme un signe, le confinement est arrivé, alors je me suis dit « super, tu peux penser tranquillement à tes offres, t’occuper de l’administratif ».


Mouais… Évidemment, aujourd’hui je peux te le dire : je n’étais pas DU TOUT préparée !


Donc, je te partage ici tout ce qui, selon moi, nécessite d’être anticipé pour que tu débutes sur de bonnes bases et que tu évites d’avoir un stress x1000 pendant les premiers mois 🙃.



Sommaire de l'article

Réfléchis à ce que tu veux offrir et choisis correctement ton statut

Pense à tes formules et tarifs en fonction de la clientèle que tu recherches

Définis ta stratégie - pourquoi et comment tu vas faire ça ? -, mais sans obligation

Analyse dès le début ce que tu seras capable de faire ou non

N’oublie pas de t’amuser et de kiffer


Réfléchis à ce que tu veux offrir et choisis correctement ton statut


Je crois que ça semble évident, pourtant c’est souvent négligé ou effectué sans suffisamment de renseignements.


C’est primordial : il faut définir dès le début si tu veux offrir des prestations de services ou vendre des produits matériels. Autrement dit : activité libérale, commerciale ou artisanale. C’est ce qui va te guider pour ton statut exact. Moi par exemple, c’était : correction de manuscrit et traduction. Bien sûr, tu peux toujours créer d’autres projets et te développer ensuite. Il faudra juste te renseigner et prévoir au niveau administratif.


Chaque statut à ses spécificités. Par exemple, pour parler de celui qui est le mien, en micro entreprise, tu n’as pas à facturer la TVA ni à avoir de comptable. Ce sont des détails importants. Si ton équipement de travail tombe en panne et que tu dois investir, tu ne retoucheras pas la TVA sur le prix d’achat. Ça peut être un argument de poids selon les tarifs de ton matériel.


Les cotisations et le chiffre d’affaires (CA) annuel maximal dépendent aussi de ton statut. Les micro-entrepreneurs en prestations de services (donc libéral) comme moi doivent reverser 22 % de leur CA chaque mois à l’URSSAF. Ce n’est pas négligeable, mais, en contrepartie, si je ne gagne rien, je ne cotise rien 🤷‍♀️.


Pour résumer, je te conseille de vraiment tout appréhender : TVA, CA maximum, retraites, cotisations, charges, comptabilité… Tu peux trouver beaucoup de réponses sur les sites officiels comme l’URSSAF.


Pense à tes formules et tarifs en fonction de la clientèle que tu recherches


Une fois que tu sais l’intitulé exact de ton métier et le statut adapté, il faut que tu analyses ce que tu vas offrir à tes clients. Que veux-tu proposer et, surtout, à qui ? Le tout doit être pertinent, te définir et coller avec l’image que tu souhaites transmettre.


Le mieux est de créer ta persona, à savoir, ton client idéal. C’est une représentation fictive d’un groupe d’individus global (en général, il faut en créer 2 ou 3, car on attire toujours plusieurs profils). Ce client « parfait » va t’aider à comprendre ton audience et à mettre en place les bonnes actions. Tu vas alors améliorer ton trafic et entraîner plus de ventes, car ton produit/service répondra exactement aux besoins de cette personne.


L’une de mes persona, par exemple, est :

« Julie, 28 ans, est secrétaire dans un centre médical. Durant son temps libre, elle aime écrire, l’une de ses plus grandes passions. Son rêve serait d’être publiée et de pouvoir quitter son job, ou de passer à mi-temps pour développer son activité d’auteur. Pour cela, elle aimerait tenter sa chance et envoyer son premier manuscrit à une maison d’édition, mais elle veut être certaine qu’il soit parfait. Elle va donc travailler dessus pendant des mois, faire appel à des bêta lecteurs pour récolter divers avis, le relire plusieurs fois, puis faire appel à un professionnel pour le corriger. Elle recherchera avant tout quelqu’un de sérieux qui saura la rassurer et la conseiller. »


Définis ta stratégie - pourquoi et comment tu vas faire ça ? -, mais sans obligation


Le conseil le plus important, celui que je donnerais à tous les entrepreneurs, est : ne fais jamais ce que tu ne veux pas. En clair, tu es et tu restes le seul maître à bord et il faut que ton métier te fasse vibrer. Quand tu vas réfléchir en amont à ce que tu vas mettre en place, que ce soit pour tes formules ou ta communication, fais-le en fonction de toi et de ce que tu veux vraiment. Apprends à te connaître et à poser tes limites. Ça ne sert à rien de te stresser, de faire trop de choses ou t’être déçu, car tu proposes du contenu ou missions qui ne sont pas en accord avec tes convictions.


Alors oui, il y a toujours des tâches qui nous plaisent moins que d’autres et qui sont quand même essentielles (bonjour l’URSSAF et les formulaires à remplir tous les trimestres 🙋‍♀). Mais fais en sorte soit de les rendre fun, soit de les rendre minimalistes.


Par exemple, si tu penses que les réseaux sociaux vont être indispensable pour te faire connaître, mais que tu n’aimes pas cela ou que tu n’en comprends pas le fonctionne, tu as 2 solutions :

  • déléguer (mais pas facile si tu n’as pas de budget)

  • le faire quand même, mais à une dose raisonnable. Consacre-toi à un seul d’entre eux. Ainsi, la durée de cette tâche reste concise, mais tu posteras du contenu qualitatif en lien avec la clientèle que tu recherches. Tu auras des résultats !

Et qui sait, peut-être que tu vas commencer à aimer cela à force 😏.


En tout cas, ne te dis jamais « je dois faire ça, parce que tous les autres les font ». Si tu n’as pas envie de tenir un blog, n’en tiens pas. Si tu n’as pas envie d’être sur Facebook, Instagram, Twitter, Linkedin, choisis uniquement celui qui te tente le plus (car malgré tout, être entrepreneur indépendant demande tout de même de « petits » sacrifices, mais l’important est qu’ils restent petits).


Pour te dire, je ne suis pas portée réseaux sociaux, de mon côté. Je n’aime pas du tout Facebook, par exemple. Mais je sais que j’ai une petite communauté fidèle là-bas, que j’ai connue bien avant de me professionnaliser. Du coup, j’ai choisi d’y rester, mais à raison de 3 à 4 posts par mois (du contenu qui ne me demande pas trop de temps) et de développer Instagram, qui me permet d’être vachement créative. Je m’éclate vraiment en préparant mon feed, et c’est le principal !


Analyse dès le début ce que tu seras capable de faire ou non


Ne te lance pas sur dix mille projets en même temps. Qu’on soit clair, quand on devient entrepreneur, on doit forcément porter plusieurs casquettes à la fois. Tu seras à la fois patron, comptable, SAV, employé, communicant… Tu devras apprendre à rédiger des devis, à faire son site internet si tu veux te fabriquer une vitrine, à communiquer (peu importe la plateforme ou format), à sortir des factures, à organiser ton planning, et j’en passe !


Mais ça ne veut pas dire que tu dois accumuler au point de t’angoisser ou de ne pas tenir tes délais. Il faut que, dès le début, tu sois conscient de tes capacités, de ce que tu vas savoir faire ou non, de la durée que demanderont tes prestations ou la création de tes produits. Si tu appréhendes mal, tu vas vite te laisser submerger.


Quand je me suis lancée, c’était le confinement, mais même si ça n’avait pas été le cas, j’aurais procédé de la même façon. Il faut savoir qu’avant d’ouvrir ma micro entreprise, j’avais déjà corrigé des auteurs pendant 7 ans. Donc forcément, je me connaissais un peu. Mais je ne l’avais jamais fait à temps plein. Du coup, après avoir fait mon inscription à l’URSSAF, j’ai corrigé trois manuscrits bénévolement, en échange d’un simple avis. Ça me permettait d’obtenir des retours sur mon travail, mais aussi de me chronométrer et de voir un peu ce que j’allais pouvoir offrir par la suite, sans pression derrière (bien sûr… je ne l’ai pas fait assez sérieusement, je m’en suis rendu compte quand j’ai commencé les vraies missions...).


L’entraînement est un bon moyen d’analyser tes compétences et ton organisation sans te plonger dans le stress.


Lorsque tu sauras de quoi tu es capable, combien de projets tu peux gérer en même temps, tu vas devoir prioriser. S’il y a des choses que tu n’auras pas le temps d’effectuer, délègue à des prestataires. Et si tu n’as pas les moyens de le faire, alors trouve un compromis. Si tu penses que la communication va te demander trop d’implication, dis-toi que tu ne t’y consacreras qu’une après-midi dans la semaine et crée ton calendrier de publications en fonction de ce temps. Pas plus, pas moins 😉.


Mais rassure-toi, en réalité, si tu t’organises bien, tu devrais pouvoir gérer beaucoup de choses. Il y a aussi pas mal d’outils qui t’y aideront, mais je t’en parlerais dans un prochain article.


N’oublie pas de t’amuser et de kiffer


Le dernier conseil, et pourtant le plus important : éclate-toi. Ouvrir son entreprise, c’est un gros projet. C’est quelque chose qui te fera vibrer et te rendra fier. Tu feras ce que tu aimes. Alors oui, il y a des bénéfices et des inconvénients. Oui, il y aura des moments difficiles. Mais ne perds jamais de vue pourquoi tu fais ça. N’oublie pas que, ce que tu obtiendras, tu ne le devras qu’à toi-même et à ton travail.


Si tu ne veux pas faire quelque chose, alors tu n’as même pas à dire non ou à te justifier. Ce qui est primordial, c’est de te lever chaque matin motivé par la journée à venir parce que tu sais pertinemment que tu vas aimer ce que tu vas faire.


J’espère que ces conseils t’auront aidé à appréhender paisiblement ton projet et à éclaircir un peu la procédure à suivre.



N’hésite pas à me partager ta propre expérience en commentaire ou à rajouter une étape qui te semble, à toi, primordiale 😉